Dix voix. Dix phrases qu'on n'oublie pas.
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« Je n'ai pas peur du talent des autres. »
Richard Brunel
Directeur général et artistique de l'Opéra national de LyonÉpisode Ouvrir l'opéra à tous sans rien céder sur l'exigence.
Écouter · 1 h 05 →
« Le courage, c'est d'y aller avec sa peur. »
Charles Pépin
Philosophe et écrivainÉpisode L'exigence sans la peur : les huit invités de la saison 1 posent leurs questions au philosophe.
Écouter · 1 h 04 →
« Si je n'ai plus peur, qu'est-ce que je décide ? »
Marianne Charret-Lassagne
Ex-commissaire divisionnaire, Krysalis ConseilÉpisode Un collectif ne tient pas par le galon, mais par le lien.
Écouter · 55 min →
« Il n'y a jamais de bon moment pour se lancer. »
Amélie Schieber
Présidente et cofondatrice de TiimeÉpisode Diriger 300 personnes en désapprenant le contrôle.
Écouter · 51 min →
« Être une DRH, c'est avoir le courage d'exercer un contre-pouvoir. »
Armelle Saint-Raymond
DRH internationale, TAG HeuerÉpisode Transformer les cultures sans décrocher du business.
Écouter · 48 min →
« Une décision juste qui est prise trop tard n'est plus juste. »
Vincent de Crayencour
Ancien du renseignement et des forces spéciales, entrepreneurÉpisode Un leadership forgé dans les zones grises.
Écouter · 49 min →
« Il faut être exigeant. Mais il faut être bienveillant. »
Jean-François Rial
Cofondateur et dirigeant de Voyageurs du MondeÉpisode Diriger en reliant sens, beauté et performance.
Écouter · 1 h 05 →
« C'est l'empathie qui est mon curseur. »
Jean-Gabriel de Bueil
Patron de Chez GeorgesÉpisode Faire du collectif une maison.
Écouter · 45 min →
« Si j'ai besoin de donner des ordres, ça veut dire que j'ai échoué quelque part. »
Annabelle Roberts
Cofondatrice de Present Perfect, autriceÉpisode Un leadership qui libère.
Écouter · 54 min →
« La crise doit protéger l'actif majeur, qui est l'humain. »
Guy Bodescot
Président exécutif d'Extime Duty Free ParisÉpisode Diriger sans s'imposer.
Écouter · 51 min →Les articles
Ce que les entretiens nous ont appris.
Cinq idées tirées des conversations, à lire en quatre minutes. Les citations sont celles des invités, mot pour mot.
Charles PépinMettre en confiance, puis faire confiance : deux gestes, dans cet ordre.Lire l'article
Charles Pépin a enseigné vingt-cinq ans. Il connaît les classes préparatoires qui notent 3 sur 20 par principe et envoient leurs élèves à Polytechnique. Il connaît les entreprises au management dur qui sont numéro un de leur marché. Il ne conteste pas le résultat. Il refuse le monde qui va avec.
Sa règle tient en une phrase : « Je pense qu'il faut aller chercher les gens là où ils sont bons et les mettre en confiance. D'abord, les mettre en confiance, c'est-à-dire surtout pas leur faire peur. » L'ordre compte. Un manager qui exige avant d'avoir mis en confiance produit de l'angoisse ; un manager qui met en confiance puis exige produit de l'engagement.
Vient ensuite le second geste, plus difficile : faire confiance en entier. « On ne peut pas donner sa confiance partiellement. Soit je te fais confiance, soit je ne te fais pas confiance. Il n'y a pas d'entre-deux. » Et pour que ce ne soit pas de la naïveté, il donne la formule que nous retenons pour nos comités de direction : « Je te préviens que dans quatre mois, je contrôlerai les résultats. Tu es totalement libre. » La confiance à 100 %, le contrôle à date. Jamais les deux dans le même instant.
Richard BrunelNe pas avoir peur du talent des autres.Lire l'article
Richard Brunel vient du théâtre. Acteur, metteur en scène. Il n'avait jamais dirigé un opéra quand il a pris la tête de l'Opéra national de Lyon, plus de 350 personnes, l'une des maisons les plus audacieuses d'Europe. Son style de direction tient en une phrase : « Je n'ai pas peur du talent des autres. » L'élève qui dépasse le maître ? Il préfère.
Il ajoute : « Je n'ai pas envie de bras de fer toutes les cinq minutes juste pour dire que c'est moi qui ai le pouvoir. Ce qui m'intéresse, c'est de pouvoir faire des choses. » Avoir le pouvoir, ou pouvoir faire. Nous observons la même chose chez les dirigeants que nous rencontrons : les rapports de force ne sont pas un signe d'autorité, ils sont un signe d'insécurité. Et l'insécurité tolérée en haut devient une culture en bas.
Le résultat se lit dans les chiffres de la maison : 30 % du public a moins de 29 ans, un spectateur sur trois entre pour la première fois chaque saison. Et pas un gramme d'exigence lâché en route. « Oser d'abord et doser ensuite. »
Jean-François RialUn quart des profits aux équipes : la générosité comme stratégie.Lire l'article
Voyageurs du Monde redistribue chaque année entre 25 et 30 % de ses profits à ses équipes. Et Jean-François Rial le dit sans détour : « On est l'entreprise la plus rentable du secteur. » Les deux phrases ne sont pas contradictoires. Pour lui, elles se tiennent.
Son triptyque : le sens, l'exigence, la bienveillance. « Il faut être exigeant vers ses collaborateurs parce qu'une entreprise qui n'est pas exigeante fait faillite. Mais il faut être bienveillant. » Et une conviction sur le recrutement que toutes les DRH que nous rencontrons confirment : « On n'embauche plus aujourd'hui des jeunes diplômés dans une entreprise qui n'a pas de sens. »
Il y a enfin le beau, « une des valeurs clés de Voyageurs du Monde, parce qu'elle est l'incarnation de la vérité ». La beauté des voyages vendus, mais aussi celle des agences, des gestes, des engagements. Ce que les équipes sont fières de porter, elles le portent longtemps.
Marianne Charret-LassagneSi je n'ai plus peur, qu'est-ce que je décide ?Lire l'article
Vingt ans de Police nationale, jusqu'à 350 personnes sous son commandement à la Sûreté départementale du Rhône. Marianne Charret-Lassagne a appris à décider en un dixième de seconde. Sa méthode : « J'ai appris très tôt à reconnaître mes émotions et à les mettre de côté en temps de crise. Et si je n'ai plus peur, qu'est-ce que je décide ? »
La question vaut pour tous les comités de direction. Elle n'invite pas à nier la peur, elle invite à la poser, puis à regarder ce qui reste. Ce qui reste, chez elle, c'est le lien : « On est obligé, même quand ça va bien, de cultiver un lien fort et de cultiver une confiance forte dans les gens avec qui on travaille. » La confiance se construit avant la crise, jamais pendant.
Et une limite qu'elle ne négocie pas : « Pour moi, le soin de la personne ne peut pas être objet de compromis. » Elle cite Saint-Exupéry : « Aimez ce que vous commandez sans jamais le leur dire. »
Armelle Saint-RaymondLe congé parental égal pour tous : un cas d'école de transformation culturelle.Lire l'article
DRH chez Yves Rocher, Petit Bateau, L'Occitane puis TAG Heuer, Armelle Saint-Raymond lit une entreprise comme un système vivant. Sa décision la plus structurante n'a pas eu de business case : un congé parental identique pour les hommes et les femmes, à l'échelle mondiale. « La meilleure façon de le banaliser, c'est de donner le même droit aux hommes. »
Elle renverse au passage une idée reçue : « La natalité est un mythe. Il y a moins de 5 % des salariés qui ont des enfants, hommes-femmes confondus. » Une mesure symbolique pour l'entreprise, décisive pour la culture.
Sa définition de la fonction est celle que nous citons le plus souvent : « Être une DRH, c'est avoir le courage d'exercer un contre-pouvoir de temps en temps, même si ce n'est pas simple. Et d'éviter que le dirigeant ne devienne fou. » Et sa mise en garde pour les managers de 2026 : « Un manager qui fait encore croire à ses équipes qu'il a réponse à tout, qu'il est omniscient, qu'il est omnipotent, et qu'il est fort, c'est un imposteur. »
L'actualité
Richard Brunel à l'Opéra de Lyon
Une heure avec un dirigeant qui ouvre des portes sans jamais baisser le niveau. L'épisode complet est en ligne.
Performance ou robustesse ?
Charles Pépin et le biologiste Olivier Hamant proposent de bannir « performance » et « process » du vocabulaire managérial. Performance gagne un trimestre. Robustesse gagne vingt ans.
La REF 2026 à Roland-Garros
Cinq générations au travail, des agents IA à la table, et le courage des dirigeants : en direct sur le plateau de BFM Business.
Les études décryptées
8 % de salariés engagés en France
Contre 12 % en Europe et 20 % dans le monde. Ce que le chiffre dit, et ce qu'il ne dit pas.
27 à 46 % des prises de poste déçoivent
Et 68 % des échecs tiennent à la culture, à la politique et aux personnes.
30 % des dirigeants soutenus à l'intégration
Plus de 500 dirigeants interrogés dans le monde.
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